Couverture

La dernière quinzaine des vacances estivales annonce la première du ramadan. Dix jours passées au bord de la mer, les vagues d’Essaouira m’ont rapporté l’histoire d’une jeune femme. Mes bagages à la mains étant un crayon et un ouvrage de offert par mon oncle, Venus Khoury-Ghata me confie le récit d’une héroïne de notre temps, ayant échappé à sa mise à mort par lapidation.
Khouf, qui signifie peur en arabe, est une terre aride manquante de tout sauf d’ignorance et de soumission au Cheikh et un ensemble de masures cernées par les murailles de sable. Un ghetto absent de toutes les cartes. Sortie de son anonymat par une affaire d’adultère, Noor devra payer de sa vie au plaisir macabre des hommes de Khouf. Elle devra agoniser, mourir à coups de pierres reçues de toute part.
La narratrice est une française que les autochtones appellent « l’Étrangère », elle est quittée par son amant et par son chat le jour de son départ, elle travaille pour le compte des humanitaires et tente de tirer d’affaire la présumée en la persuadant d’avancer un viol. Des gens de Khouf, l’Étrangère ne connaît que Noor, n’a d’affinités qu’avec Amina, et ne mène de vie semblable au néant que pour sauver celle d’une femme, laquelle vit sous la répression d’un mari manquant à ses responsabilités, occupé par les jeux de hasard où il n’accumule que pertes et dettes. Seule Noor s’occupe de ses trois garçons. Ils sont sa fierté d’être mère et d’avoir des oueleds.
Parallèlement, Venus Khoury nous invite en prose à une évasion vers une musicalité poétique comme rare elle se réussit dans un récit. La brise de poésie affirme son omniprésence dans les situations tragiques autant que les ironiques, sans oublier les tonalités sarcastiques inattendues. L’œuvre dans ce sens ferait bien l’objet d’une étude littéraire ou psychologique. D’abord pour sa richesse et son raffinement linguistique, mais également pour sa critique incitante à la réflexion, où sont posées différentes contradictions qui légifèrent des mœurs dures à décrypter: On veut la peau de Noor pour une affaire d’adultère. Zana, elle, a une grossesse incestueuse au dessus de ses 12ans de vie égorgée par son père, un père qui jouit de sa totale liberté tandis que les faits sont chuchotés peureusement sous les foulards mais ne semblent choquer que « l’Étrangère ».
C’est ainsi dire que la visée du roman demeure palpable à travers les mots et les actions de l’histoire: la lapidation est un acte barbare, dont l’objet est loin de laver un honneur ou de bannir un traître et encore moins de servir d’exemple. C’est assouvir d’abord l’envie sournoise de faire crever une femme. Elle incarne le péché, est envoûtante de désir à refouler. Dans une ambivalence collective, elle est le porte-malheur et l’objet de tous les fantasmes, elle rend service aux faiblesses de ses congénères pour en faire une force, leur pitoyable orgueil. En un mot, elle est crée pour procréer… des oueleds s’il vous plait.

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Recueillement

Publié: 2010/08/10 dans Une peu de moi
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Bienvenue à nouveau sur mon blog en (re)construction. Voilà sept mois que ma chambre baigne dans l’obscurité. Tout y est comme je l’ai laissé, hormis cette couche de poussière qui me dit dans l’écho du vide que seul le temps est maître du monde. Je rouvre la porte de ma Darkened Room, lui rapportant de la chaleur humaine, des discussions sans fin autour d‘une tasse de thé. Un thé autour duquel on parlerait bien de ce qui nous a immergé dans un monde d’images, que de multitudes de pixels en guerre contre nos neurones, de manière à vous aliéner les homo sapiens constamment assoiffés d’images, tournant le dos à l’information pour s’abreuver dans les champs d’information crédible ou pas à perte de vue. Après ce repas, une tisane vous ferait digérer ce qu’il ne fallait pas avaler. Pendant ce temps, on se mettrait bien à l’aise pour ne pas s’estomaquer en parlant de ce qui a marqué ces dernier mois. Et voyez comme mon baluchon à cadeaux est généreux de tableaux qui décoreront tous ces murs chauves: un chiffre tout d ‘abord, celui du pourcentage de réussite à l’examen national de Baccalauréat, encore faible mais jamais atteint avant cette année, il a été de 49,08% . Ceci me ramènera à rendre claire l’origine de mon aussi longue absence, ayant occupé la majorité de mon temps aux préparations du jour J depuis le début de l’année scolaire, et réussi de ce fait à décrocher le passeport vers une nouvelle vie estudiantine. En effet, j’ai pu joindre passion à volonté et changé le cap d’une route tracée dans le domaine de biologie-chimie, et décidé de me lancer dans des études qui me guideront vers une carrière journalistique, étant donné que cela fut ma fascination enfantine… un souvenir tellement vague dans le brouillard du passé, un déclique aussi vieux qu’on en oublie l’origine, mais un rêve effleuré, bientôt réalisé, et un objectif en guise de projet de vie. Après quoi, un soleil rayonnant annonce des vacances, ou le pont vers l’autre vie estudiantine à l’autre bout. Un soleil pas toujours radieux, souvent turbulent, tellement généreux, mais demande souvent de tout reprendre et finit par sortir de grosses griffes: 44 degrés à l’ombre, sans l’ombre d’une brise de vent frais, mais plutôt 8heures de coupure d’eau par jour! Parallèlement, un espace de 2jours nous sépare du mois de Ramadan, 30jours de carême, également 30jours de lutte aussi acharnée que paranoïaque contre ce qu’ils appellent des « porteurs d’atteinte aux convictions de musulman », 30jours à se bagarrer sur la question de la rupture du jeûne en publique, à propos de laquelle les esprits s’échauffent déjà… autant de polémiques soulevées à vous en soulever le cœur, à vous faire oublier que la religion est une liberté individuelle, que les débats d’ordre politique n’y ont pas lieu d’être, et qu’il y a juste 30ans, cohabitaient sur cette même terre différentes communautés, ethnies, cultures et religions, en parfaite symbiose.

« On donne souvent trop de place à l’influence des religions sur les peuples et leur histoire, et pas assez à l’influence des peuples et de leur histoire sur les religions. »
Amin Maalouf – Les Identités Meurtrières.

Investiture historique, offensive, et boycott:
A commencer des deux premiers mois de l‘année, avec un puissant flot de l’information qui a inauguré un autre nouvel an de l’humanité. Après l’offensive terrestre de Gaza, George Bush qui déconne devant les caméras pour ses dernière apparitions, et la crise financière qui retapait du poing assez régulièrement, vient l’investiture du 44ème président des Etats-Unis qui marque son nom dans l’histoire. Puis la crise politique au Madagascar nous a éloignés quelques super flux d’ambitions qui effleuraient nos portes mais se sont résignés d’y frapper , suivi de la guerre civile continue entre l’armée Sri Lankaise et les rebelles Tamouls, puis ce qui advint du Sommet de Davos, boycotté par le premier ministre turc après un échange verbal avec le président israélien.
Al Ghad, un lendemain meilleur:
Aymane Noor, leader égyptien du parti de l‘opposition Al Ghad, reprend goût à la vie, sous une constante surveillance des autorités, certes, mais en dehors des barreaux en acier.
Le G20 ou la réanimation des finances:
Les yeux du monde entier ont été rivés vers Londres pendant les journées du G20 en avril dernier, un versement de 1 100 milliards de dollars a été décidé dans le dessein de revitaliser l’économie. Une nouvelle phase est franchie à Pittsburgh en septembre lorsque le bulletin dressé s’est révélé positif grâce à encadrement des salaires et des bonus des traders, et la promotion d’une nouvelle gouvernance qui intègre les pays émergents, reste à discuter la question du chômage de masse.
Puis l’été nous rattrape:
La grippe porcine se propage dans le monde. En un mois, l’OMS déclare la pandémie grippale du siècle.
Une pandémie qui n’a pas effacé le scandale de mœurs faisant la une des journaux italiens du mois de mai, voyant Silvio Berlusconi impliqué dans des relations extra conjugales entremêlés.
L’été, par un voyage de Rio à Paris, les 228 passagers du vol AF447 d’Air France ne regagneront jamais leurs pays d’origine. Une cinquantaine de corps ont été repêchés, mais les boîtes noires n’ont pas encore été retrouvées.
La colère persane:
C’est dans une atmosphère électrifiée entre l’ONU et Téhéran suite aux reproches d’activités nucléaires illégales à Mahmoud Ahmadinejad que ce dernier fût réélu par un suffrage « truqué » d’après son adversaire Mir Hussein Mussawi, ce qui a été l’étincelle d’une scission entre le clan réformateur et conservateur du conseil des Mollah. Des évènements qui refont face en ce moi-ci avec la succession de manifestations tournant souvent à l’émeute.
This Is It:
L’ensemble de l’actualité estivale a basculé pour laisser place à deux mois de deuil après la mort de Michael Jackson, dont les détails ont été scrupuleusement analysés à la loupe journalistique people. En revanche, le décès de la légende Pop demeure toujours aussi obscur que les détails sur son enterrement.
L’escroc du siècle séjourne 150ans à l’ombre:
Bernard Madoff est arrêté le 11septembre 2008 et condamné le 29juin à 150ans de prison ferme. L’accusé a avoué que ses placements ne rapportaient pas d’argent, et s’est vu saisi de ses bien qui serviront à dédommager ses victimes.
Bongo, bis:
Au Gabon, ce n’était une surprise pour personne, malgré une élection contesté par l’opposition et un pays enflammé, Ali Ben Bongo succède au doyen de la Françafrique, Omar Bongo, décédé le 7juin en Espagne.
De polémique en polémique:
Le buzz connaît son pic pour la vidéo où Brice Hortefeux plaisantait en commentant certains que « c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes» lors de l’université d’été de l’UMP. Des propos jugés incorrectes par certains, vus comme une occasion de squatter les écrans de télévision pour d’autres. Après quoi, de longues disputes sur la candidature de Jean Sarkozy en Hauts-de-Seine pour les prochaines communales ont vu le jour, s’éteignent très vite, et laissent place au grand débat sur l’identité nationale, tourné à l’acharnement politique.
Une autre controverse était l’attribution du prix Nobel de paix à Barack Obama pour ses efforts en faveur de la coopération internationale et sa volonté de faire régner la paix dans le monde. Or, cette attribution a été critiquée, suite à la stratégie militaire américaine et le déploiement davantage de forces armées US en Afghanistan.
Berlin, 20ans après:
La capitale allemande a célébré ses 20ans de réunification qui ont mis fin au monde bipolaire de la guerre froide. 100 000 personnes était au rendez-vous: des âmes nostalgiques, des corps diplomatiques, ainsi que plusieurs chefs d’états et organes de presse on fait le déplacement pour revivre un nouveau 9 novembre à Berlin.
Quand le passé refait surface:
Roman Polanski a été assigné à résidence dans son chalet en suisse après être pris dans les filets d’un mandat d’arrêt international. Le cinéaste est poursuivit pour avoir eu des relations sexuelles avec une mineure en 1977 et attend d’être extradé vers les Etats-Unis.
Entre le clan qui se mobilise au côté de Polanski et celui qui voit la nécessité d’appliquer sèchement la loi, d’autres avancent qu’il reste recherché… mais désiré.
Cop 15, le sommet de bonnes volontés:
15jours de débats à Copenhague, tantôt musclés, tantôt stagnants, mais ne sortant jamais avec des conclusions satisfaisantes pour les écolos. L’accord certain entre les 110 représentants diplomatiques reste à limiter le réchauffement mondial à 2°C, mais le sommet n’a apporté aucune mesure contraignant les états «pollueurs» à la diminution de gaz à effet de serre.
La presse en otage:
Encore fois, les journalistes ne sont pas épargnés dans les zones à risque. Ce qui a été le cas ce 31décembre pour deux journalistes de France3 et leurs accompagnateurs, après s’être faits kidnapper par des hommes armés. Les journalistes français préparaient un reportage pour l’émission « Pièce à Conviction » prévue en fin janvier.

Chaque année s’avère beaucoup plus riche en informations que la précédente, espérons tout de même que 2010 nous en réservera de moins pessimistes. Bonne année 2010, une année qui exhaussera vos meilleurs vœux, et qui verra les anti-dépresseurs bannis de vos boîtes à pharmacie!

Ai piqué une tête avant le début septembre, histoire de faire mes au revoir aux traditionnelles vacances qui durent trois moi par an. Une plongée dans la vie de tous les jours, à faire un peu tout et rien à la fois… il y a toujours quelque chose à faire pendant la dernière semaine des vacances, le dernier jour des vacances.
Entre vadrouille et plongée, j’ai pu contempler les 20,000 lieux ensevelis avec ma petite enfance avant leur mutation complète:
casanegra
Dans l’ancienne médina, patrimoine historique et mémoire collective de la mégapole sont à la merci d’agents d’autorité, avides d’enrichissement, qui n’hésitent pas à laisser construire des piaules en sable sur d’anciennes bâtisses, qui, elles, sont construites avec beaucoup d’art. C’est la façon aux porte-mko7la de résoudre le problème de l’habitat face à l’exode rurale.
Le célèbre terrain de « Derb Loubila » (Bourgogne) a fini par pondre un patté de boîtes de conserve en béton, malgré lui… une césarienne sans doute. Une maternelle non-loin de là a connu le même sort.
Quand à Anfaplage, elle a dévoré « Les Sables d’Or » que l’on ne distingue plus, et démontré une énième fois qu’il n’y avait pas de si barbare et d’aussi cruel que le ciment s’agglutinant sur le peu de terrain naturel qui restait à Casa, faisant tomber « la Tour Pepsi »… « Pepsi » n’existe même plus depuis X temps… je ne vous parle par des fontaines Andalouses pour lesquelles des millions ont été versés, et qui n’ont finalement vu le jour que dans de lointains mirages. On ignore encore quelle surprise nous réserve-t-on pour le terrain de l’ex-piscine « Eden Rock ».
Pour ce qui est du Maârif, il faut bien éventrer l’avenue de fond en comble avant de la refaire… c’est le projet de réaménagement qui se terminera une année d’élections. Mais les respectueux entrepreneurs n’avaient pas avertis de la razzia qui allait ronger des arbres vieux de 60ans pour les remplacer par des Washington, lesquels n’auraient pas tenu sans l’innovation homo sapienne. Des maisons basses à l’architecture coloniale, abandonnées, laissées à tomber en ruine, pour y planter des champignons… ou mauvaises herbes, en verre et en béton, le jour où Sajid aimerait à nouveau rester à la tête de la commune, dans un autre 12juin peut-être.
Ce labyrinthe paraît sans fin, pourvu qu’il ne soit pas fermé.
Décidément, on veut américaniser Casablanca à tout prix, mais de quelle manière, pour quelle raison, et en dépit de quoi?

Paru dans le tout dernier numéro de TelQuel9_ (n°388), une page est dédiée à la blogoma qui se fait entendre sur le net. Je vous propose une lecture de cet article rédigé par Youssef Aït Akdim:

Dans un sursaut civique, la blogosphère marocaine s’est « saisie » de la censure de TelQuel et de Nichane pour inventer de nouvelles formes de dissidence.

« Lançons le Mouvement 9%. Je déteste les chiffres ou les nombres impaires mais c’est comme ça que l’histoire avec un petit h se construit ». Par ce tweet (…), Annous, une figure connue sur la planète Web marocaine, donnait le coup d’envoi à ce qui allait devenir le « buzz de l’été ». Quelques heures plus tôt, un communiqué du ministère de l’Intérieur annonçait la saisie des numéros d’été de TelQuel et Nichane qui publiaient les résultats d’un sondage sur le bilan des dix ans de règne de Mohammed VI. Chiffre clé: 91% des sondés jugeaient le bilan « plutôt », voire « très positif ».
100%-91%=9%. 9% de « pas d’accord ». CQFDT. Voilà comment, dès la nouvelle de la censure tombée, la petite communauté des cyber-activistes marocains s’invite dans le débat sur la liberté d’expression au Maroc. S’imposant rapidement comme le chef de file, le blogueur Ibn Kafka met en ligne le soir même un véritable « manifeste des 9% »

Activisme 2.0
Le mouvement commence à prendre la forme, il rassemble des plumes célèbres de la blogosphère marocaine dite « blogoma » (Larbi, Une Marocaine, Mounir Bensalah, entre autres) qui utilisent avec habileté tous les outils Web 2.0. Sur Twitter, le nec plus ultra des réseaux sociaux, les internautes peuvent suivre les événements en temps réel. Un logo est crée pour donner une identité visuelle au mouvement: un oiseau qui pépie « je suis un 9% » dans une énorme bulle. Les twitteurs marocains relaient les dernières informations sur la saisie, commentent l’actualité et décident des démarches à prendre pour défendre la liberté d’expression. On s’interroge sur le contenu du sondage, la légalité de la saisie, le timing de la décision. Mais surtout, on veut agir, s’impliquer. Ce dimanche 2 août, vingt-quatre heures seulement après la saisie, l’un d’eux écrit: « Nous sommes 9%, mais nous pourrons être plus! ».

Initié par Ibn Kafka, un groupe Facebook répond à ce vœu. « Au Maroc, je suis un 9% / In Morocco I’m a 9% » drainent rapidement plusieurs centaines de membres. Par une agrégation de clics, le mouvement est lancé et gagne en audience. De nombreux utilisateurs jouent le jeu en remplaçant la photo de leur profil par l’oiseau pépiant. La plupart veulent avant leur soutien et restent passifs. Mais certains débattent sur le « wall » du groupe et s’emploient à répondre aux critiques. « Progressistes-nihilistes » et « makhzéniens-compatriotes » croisent le fer. Des mots durs mais un débat franc comme on en voit peu au Maroc. Peu à peu, les positions se durcissent. Si le mouvement se veut autonome par rapport à la ligne éditoriale de TelQuel, son opposition à la censure le place dans le camp des « nihilistes » aux yeux de ses nombreux détracteurs. Au final, notre sondage a servi de révélateur d’opinions. Tant mieux!

Un mois et 1174 membres sur Facebook plus tard, le mouvement est toujours vivant. Après avoir permis de rassembler autour d’une cause commune un groupe de blogueurs, de militants et de simples citoyens curieux, les 9% ont aussi fait émerger une nouvelle figure: le cyber-activiste sachant user d’outils gratuits qu’offre le Web 2.0. Des réunions, physiques cette fois, se sont tenues cet été entre les membres du mouvement, permettant un premier contact entre 9% du Maroc et ceux installés à l’étranger. Une ligne de T-shirt « nihiliste ou bikheer » a même été lancée, suivie d’une seconde consacrée à Khalid Naciri, le ministre de la communication travesti en « Comical Khalid » (…) et même… « Comic Communicator ». De l’esprit à revendre!

De retour, après un voyage de 16jours à travers lequel je renoue à nouveau avec les personnes auxquelles je pense constamment, ainsi qu’avec ma ville natale qui commençait à me manquer, et que je n’avais plus revue depuis environ une année. Fière de pouvoir la retrouver pour m’y retrouver, avec ce qu’elle me cache toujours de bon et de pourri en elle… le béton agite à nouveau ses tentacules dans l’air et continue de faire des ravages sur notre patrimoine non-officiel, celui dont les enfants de la ville peuvent réaliser l’importance et le symbole, aussi historique que socioculturel. Tant que mes yeux sont assez vivants pour m’aider à m’exprimer, je n’ai que mes larmes pour parler de ce que je vois, des larmes où joie et tristesse se mêlent et s’entremêlent dans l’infini labyrinthe de l’esprit.

De retour après à mon nid douillet qui m’a manqué également. Le temps d’y faire le grand ménage un peu partout, de repeindre ma chambre, d’accomplir les douze travaux en quelque sorte, l’actualité n’attend pas, et reste loin d’être vacances. En parlant de douze travaux, mon douzième serait-il celui de vous parler un peu de ce fameux sondage qui dérange… vous avez reconnu sans doute le sujet qui fait jaser sur la blogosphère nationale. Tel Quel l’a titré sur sa Une (censurée): « le peuple juge son roi ». Pour ma part, rien de surprenant à première vue, bien que plus loin, entre les pages de l’hebdomadaire, le discourt tenu dans la présentation du sujet a bien de quoi gêner tout makhzénien qui se respecte, le poussant à prendre une décision digne de son archaïque état d’esprit tourmenté par l’amalgame, ce qui fait des dégâts tels que la destruction de 100.000 exemplaires du magazine portant ce sondage, et prétexter un manque de respect à la monarchie et je ne sais à quoi d’autre… comme si l’on attendrait que l’on légalise un droit dont il faut jouir. De ce fait, je ne vois aucune illégalité à être informé, en dépit de ce que peut crier telle ou telle autorité. En revanche, le moins que les autorités puissent offrir est de ne pas prendre les citoyens pour des brutes: si le magazine a été censuré pour un sondage mettant la monarchie en question, et que nous avions été privés du journal Le Monde du 4août, la toile marocaine défait toutes les cordes de censure, d’où une version scannée en format PDF des pages supprimés comprenant ce fameux sondage a été mise en ligne en moins d’une semaine après les faits, vous pouvez y lire ceci:

(…) Une chose est sûre : les Marocains n’hésitent pas vraiment à parler de Mohammed VI. Ils croient pouvoir compter sur le vent de liberté qui souffle, en apparence, sur le royaume depuis dix ans. Auraient-ils accepté de répondre aux enquêteurs s’ils avaient su que les numéros seraient saisis et pilonnés ? Certainement pas.

Reste qu’ils plébiscitent l’action de leur souverain. En effet, 91 % des personnes interrogées disent avoir senti, au cours de la décennie écoulée, au moins un changement notable dans leur environnement immédiat. Ils citent, pêle-mêle, les écoles ou hôpitaux, désormais plus proches et plus accessibles, les routes, plus nombreuses, etc.

Le roi est un personnage sacré: Près d’un Marocain sur deux estime, par ailleurs, que la monarchie, telle qu’elle est exercée, est « démocratique ». La peur était-elle si grande, sous Hassan II, qu’il a suffi que son fils desserre un peu l’étau, en matière de liberté d’expression, pour que les gens le considèrent, même hâtivement, comme « démocrate » ?

Plus surprenant : la grande majorité des Marocains qui qualifient la monarchie d’« autoritaire » emploient ce mot non comme un reproche mais… comme un compliment ! « Bien sûr que notre monarchie est autoritaire, et tant mieux !, ont-ils déclaré aux enquêteurs. Mieux vaut que le pouvoir soit entre les mains du roi qu’entre celles des élus corrompus qui ne pensent qu’à leurs intérêts. » Un jugement cruel pour la classe politique et le gouvernement, lesquels sont privés, soit dit en passant, de la marge de manœuvre dont ils auraient besoin pour faire leurs preuves face à une monarchie absolue et omniprésente.

Le faste dont le roi aime s’entourer ne gêne pas grand-monde. C’est l’une des leçons surprenantes de ce sondage : 51 % des Marocains ont le sentiment que le lourd protocole royal a été allégé, alors qu’il n’en est rien. Chaque année, fin juillet, la traditionnelle cérémonie d’allégeance, avec son baisemain et l’attitude servile des élites invitées, reste digne des califes de Bagdad. Mais la relation des Marocains à leur roi est d’ordre sentimental, voire fusionnel. La population ne retient qu’une chose : Mohammed VI n’hésite pas à prendre des bains de foule. Il est donc proche d’elle. Et puis, le roi est un personnage sacré pour les trois quarts des Marocains, révèle l’enquête. Il aurait donc raison de tenir son rang.

Le roi « businessman »: Et même premier opérateur économique privé du royaume à travers ses différentes holdings, ne choque pas, lui non plus. Selon le magazine Forbes, Mohammed VI est le 7e monarque le plus riche du monde, et ses affaires équivalent à 6 % du produit intérieur brut du Maroc. Son emprise sur l’économie nationale ne pose-t-elle pas problème ? Eh bien non ! Seuls, 17 % des sondés s’en offusquent. Les autres, y compris les plus diplômés, estiment que le roi « tire ainsi vers le haut l’économie marocaine ».

L’une des rares réserves que suscite Mohammed VI concerne l’éradication de la pauvreté. Un tiers seulement des Marocains estiment que la situation s’est améliorée dans le royaume, ces dix dernières années. Un autre tiers ne le pense pas. Un quart estime que la pauvreté s’est même aggravée. En matière de sécurité, même désaveu ; 49 % des Marocains se sentent menacés par le terrorisme et la montée de la criminalité.

Mais les critiques les plus sévères qu’enregistre le roi portent sur la Moudawana, ce nouveau code de la famille qui, depuis 2004, fait des Marocaines les égales des hommes, sauf en matière d’héritage. Surprise ! Presque un Marocain sur deux estime que le roi est allé trop loin dans sa volonté de libérer les femmes. Que celles-ci n’aient plus besoin d’un tuteur pour se marier ; qu’elles puissent désormais réclamer le divorce (une prérogative jusque-là réservée aux hommes) ; et que la polygamie soit rendue dans les faits impossible, tous ces acquis sont loin de soulever l’enthousiasme. Seuls 16 % des Marocains pensent que les femmes devraient avoir encore plus de droits.

Le principe de l’égalité des sexes est encore fort peu intégré au Maroc, et cela aussi bien par les femmes que par les hommes. Pour l’heure, le trait dominant des Marocains semble être… le machisme, et celui des Marocaines, la soumission au machisme, et ce quels que soient l’âge, la région et la catégorie socio-économique.

En résumé, les Marocains soutiennent Mohammed VI sur tout, sauf sur sa politique féministe. C’est sans doute l’un des enseignements les plus inattendus de ce sondage. Un autre étant de rappeler les limites de la « démocratisation » à la marocaine, proclamée urbi et orbi par les responsables du royaume ces dix dernières années.

Si le nec plus ultra du respect était de camoufler la réalité, cela relève de la mascarade sociale. D’un autre côté, on se devrait de remercier les appareils de l’Etat de ne pas avoir bloqué la page d’où j’ai tiré cet extrai. Cette action a peut-être le sens implicite que le sondage ne représente aucunement de danger comme insinuent plusieurs, allant loin avec des propos exagérés, jusqu’au point où je ne sais plus si l’on parle toujours de la publication de ce sondage, ou de journaux tenus effectivement par de non-professionnels, en l’occurrence à Al Massae ou l’intox par excellence.

Ce qu’on aurait pu faire, et qui aurait enlevé toute suspicion en évitant les dérapages qui en ont découlé, est que d’abord les autorités devaient prendre le temps d’obtenir un PV écrit permettant la saisie des numéros, bien qu’on n’avait pas besoin de les  détruire d’une telle manière. Je ne dis pas que la liberté de presse n’existe pas, c’est qu’elle est encore à une phase juvénile, et que même si le sondage ne porte aucune offense, le ministre de tutelle aurait pu lui aussi prendre le temps d’expliquer devant les médias que la liberté se construit progressivement, et qu’il faut encore une certaine maturité pour comprendre le sondage comme une information occasionnelle qui se limite aux lignes qui lui sont consacrées. Semble-t-il alors que la controverse ne tourne plus seulement autour du dit sondage, mais remet en question tout un comportement, et celui de la presse, et celui des autorités. La morale est qu’il faut plus de dialogue, de communication, et de prise en considération, de la part des deux bords.
In fine, Mohammed6 est un roi comme il n’y avait jamais eu auparavant au Maroc, a su positivement utiliser son statut pour faire monter l’État de plusieurs marches sur le plan de la démocratie, du développement social. La prochaine marche serait-elle vers la désacralisation de manière à ne brusquer aucune partie?

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Encore une des oeuvres que tellement j’ai aimé que je n’oublierai jamais:
Présentation: la bascule de l’échafaud:
Quand il s’agit, sous l’Ancien régime, de mettre à mort un condamné, le bourreau a à sa disposition des procédés variés: la potence, le bûcher, la roue, l’écartèlement, et la décapitation.
Or, ce bourreau n’est pas toujours adroit, et inflige souvent d’inutiles tortures au condamné lors de l‘exécution. Par ailleurs, cette inégalité choque des révolutionnaires de 1789.
C’est contre cette double injustice que le Code pénal de 1791 précise que «tout condamné à mort aura la tête tranchée», et ce dans le but d’éviter le plus de douleur au condamné, qui a vu son exécution devenue plus rapide, donc «moins agonisante».
Le mécanisme est conçu par Antoine Louis, secrétaire perpétuel de l’Académie de chirurgie. Le nom de l’instrument à décapiter ne réfère pas à l’inventeur mais à celui qui a proposé une exécution vue «humaine» à l’époque, car mettant tous les châtiés à un pied d’égalité devant la loi.Le docteur Joseph Ignace Guillotin, député à l’Assemblée nationale Constituante, se propose de réagir. Le 1er décembre 1789, il prend la parole à l’Assemblée en proposant de rédiger ainsi l’article relatif à la peine de mort : «Le criminel sera décapité ; il le sera par l’effet d’un simple mécanisme.»
Première de couverture:
Le nom de famille de l’auteur (HUGO) ainsi que le titre de l’œuvre «Dernier jour d’un condamné», sont écrits en noir sur un fond blanc. L’emploi de l’article indéfini «un» devant «condamné» s’explique par le souci de Victor Hugo de souligner qu’il ne s’agit pas précisément d’un détenu défini mais de tout individu pourrant être à la place du condamné.L’emploie de l’adjectif «dernier» laisse comprendre qu’il s’agit du jour où l’exécution du condamné aura lieu.
L’édition est de Roger Broderie dans la collection de Folio Classique.
Les deux tiers inférieurs de la couverture sont occupés par un détail de la peinture de Francis Bacon intitulée «Du Sang Sur le Sol» que l’on pourrait associer à la bascule de l’échafaud sur laquelle le bourreau place le détenu sur le ventre, tête en avant sous la guillotine.
Il n’y a pas de condamné, mais on distingue dans l’illustration des tâches de sang avec d’infinies éclaboussures témoignant de la force violente avec laquelle le poids de la veuve décapite l’exécuté. Juste au dessus, paraissent les cordes qui servent à tirer la lame de la guillotine. Le tout dans un fond orange qui interpelle l’éclaircissement du sujet, dont l’oeuvre fera lumière dessus.

Quand au texte écrit en italique, il notifie qu’il s’agit d’un intégral avec préface, biographie, note de l’éditeur…

Quatrième de couverture:
La quatrième de couverture est une note de l’éditeur qui souligne l’âge de l’auteur à sa première publication de l’œuvre évaluée comme le réquisitoire contre la peine capitale.
L’éditeur fait remarquer aussi qu’il ne s’agit pas d’un condamné identifié mais de l’anonyme représentant tout condamné à la violabilité de la vie humaine.

Au troisième paragraphe, nous retrouvons beaucoup d’éloge au roman et à son auteur («accent souvent étrangement moderne») qualifiant l’œuvre de «saisissante leçon d’écriture et d’humanité».