La dernière quinzaine des vacances estivales annonce la première du ramadan. Dix jours passées au bord de la mer, les vagues d’Essaouira m’ont rapporté l’histoire d’une jeune femme. Mes bagages à la mains étant un crayon et un ouvrage de offert par mon oncle, Venus Khoury-Ghata me confie le récit d’une héroïne de notre temps, ayant échappé à sa mise à mort par lapidation.
Khouf, qui signifie peur en arabe, est une terre aride manquante de tout sauf d’ignorance et de soumission au Cheikh et un ensemble de masures cernées par les murailles de sable. Un ghetto absent de toutes les cartes. Sortie de son anonymat par une affaire d’adultère, Noor devra payer de sa vie au plaisir macabre des hommes de Khouf. Elle devra agoniser, mourir à coups de pierres reçues de toute part.
La narratrice est une française que les autochtones appellent « l’Étrangère », elle est quittée par son amant et par son chat le jour de son départ, elle travaille pour le compte des humanitaires et tente de tirer d’affaire la présumée en la persuadant d’avancer un viol. Des gens de Khouf, l’Étrangère ne connaît que Noor, n’a d’affinités qu’avec Amina, et ne mène de vie semblable au néant que pour sauver celle d’une femme, laquelle vit sous la répression d’un mari manquant à ses responsabilités, occupé par les jeux de hasard où il n’accumule que pertes et dettes. Seule Noor s’occupe de ses trois garçons. Ils sont sa fierté d’être mère et d’avoir des oueleds.
Parallèlement, Venus Khoury nous invite en prose à une évasion vers une musicalité poétique comme rare elle se réussit dans un récit. La brise de poésie affirme son omniprésence dans les situations tragiques autant que les ironiques, sans oublier les tonalités sarcastiques inattendues. L’œuvre dans ce sens ferait bien l’objet d’une étude littéraire ou psychologique. D’abord pour sa richesse et son raffinement linguistique, mais également pour sa critique incitante à la réflexion, où sont posées différentes contradictions qui légifèrent des mœurs dures à décrypter: On veut la peau de Noor pour une affaire d’adultère. Zana, elle, a une grossesse incestueuse au dessus de ses 12ans de vie égorgée par son père, un père qui jouit de sa totale liberté tandis que les faits sont chuchotés peureusement sous les foulards mais ne semblent choquer que « l’Étrangère ».
C’est ainsi dire que la visée du roman demeure palpable à travers les mots et les actions de l’histoire: la lapidation est un acte barbare, dont l’objet est loin de laver un honneur ou de bannir un traître et encore moins de servir d’exemple. C’est assouvir d’abord l’envie sournoise de faire crever une femme. Elle incarne le péché, est envoûtante de désir à refouler. Dans une ambivalence collective, elle est le porte-malheur et l’objet de tous les fantasmes, elle rend service aux faiblesses de ses congénères pour en faire une force, leur pitoyable orgueil. En un mot, elle est crée pour procréer… des oueleds s’il vous plait.
Sept Pierres pour la Femme adultère
Posted: 2010/08/14 in Côté lecturesTags:lapidation, littérature, peine de mort
Bienvenue à nouveau sur mon blog en (re)construction. Voilà sept mois que ma chambre baigne dans l’obscurité. Tout y est comme je l’ai laissé, hormis cette couche de poussière qui me dit dans l’écho du vide que seul le temps est maître du monde. Je rouvre la porte de ma Darkened Room, lui rapportant de la chaleur humaine, des discussions sans fin autour d‘une tasse de thé. Un thé autour duquel on parlerait bien de ce qui nous a immergé dans un monde d’images, que de multitudes de pixels en guerre contre nos neurones, de manière à vous aliéner les homo sapiens constamment assoiffés d’images, tournant le dos à l’information pour s’abreuver dans les champs d’information crédible ou pas à perte de vue. Après ce repas, une tisane vous ferait digérer ce qu’il ne fallait pas avaler. Pendant ce temps, on se mettrait bien à l’aise pour ne pas s’estomaquer en parlant de ce qui a marqué ces dernier mois. Et voyez comme mon baluchon à cadeaux est généreux de tableaux qui décoreront tous ces murs chauves: un chiffre tout d ‘abord, celui du pourcentage de réussite à l’examen national de Baccalauréat, encore faible mais jamais atteint avant cette année, il a été de 49,08% . Ceci me ramènera à rendre claire l’origine de mon aussi longue absence, ayant occupé la majorité de mon temps aux préparations du jour J depuis le début de l’année scolaire, et réussi de ce fait à décrocher le passeport vers une nouvelle vie estudiantine. En effet, j’ai pu joindre passion à volonté et changé le cap d’une route tracée dans le domaine de biologie-chimie, et décidé de me lancer dans des études qui me guideront vers une carrière journalistique, étant donné que cela fut ma fascination enfantine… un souvenir tellement vague dans le brouillard du passé, un déclique aussi vieux qu’on en oublie l’origine, mais un rêve effleuré, bientôt réalisé, et un objectif en guise de projet de vie. Après quoi, un soleil rayonnant annonce des vacances, ou le pont vers l’autre vie estudiantine à l’autre bout. Un soleil pas toujours radieux, souvent turbulent, tellement généreux, mais demande souvent de tout reprendre et finit par sortir de grosses griffes: 44 degrés à l’ombre, sans l’ombre d’une brise de vent frais, mais plutôt 8heures de coupure d’eau par jour! Parallèlement, un espace de 2jours nous sépare du mois de Ramadan, 30jours de carême, également 30jours de lutte aussi acharnée que paranoïaque contre ce qu’ils appellent des « porteurs d’atteinte aux convictions de musulman », 30jours à se bagarrer sur la question de la rupture du jeûne en publique, à propos de laquelle les esprits s’échauffent déjà… autant de polémiques soulevées à vous en soulever le cœur, à vous faire oublier que la religion est une liberté individuelle, que les débats d’ordre politique n’y ont pas lieu d’être, et qu’il y a juste 30ans, cohabitaient sur cette même terre différentes communautés, ethnies, cultures et religions, en parfaite symbiose.
“On donne souvent trop de place à l’influence des religions sur les peuples et leur histoire, et pas assez à l’influence des peuples et de leur histoire sur les religions.”
Amin Maalouf – Les Identités Meurtrières.
Investiture historique, offensive, et boycott:
A commencer des deux premiers mois de l‘année, avec un puissant flot de l’information qui a inauguré un autre nouvel an de l’humanité. Après l’offensive terrestre de Gaza, George Bush qui déconne devant les caméras pour ses dernière apparitions, et la crise financière qui retapait du poing assez régulièrement, vient l’investiture du 44ème président des Etats-Unis qui marque son nom dans l’histoire. Puis la crise politique au Madagascar nous a éloignés quelques super flux d’ambitions qui effleuraient nos portes mais se sont résignés d’y frapper , suivi de la guerre civile continue entre l’armée Sri Lankaise et les rebelles Tamouls, puis ce qui advint du Sommet de Davos, boycotté par le premier ministre turc après un échange verbal avec le président israélien.
Al Ghad, un lendemain meilleur:
Aymane Noor, leader égyptien du parti de l‘opposition Al Ghad, reprend goût à la vie, sous une constante surveillance des autorités, certes, mais en dehors des barreaux en acier.
Le G20 ou la réanimation des finances:
Les yeux du monde entier ont été rivés vers Londres pendant les journées du G20 en avril dernier, un versement de 1 100 milliards de dollars a été décidé dans le dessein de revitaliser l’économie. Une nouvelle phase est franchie à Pittsburgh en septembre lorsque le bulletin dressé s’est révélé positif grâce à encadrement des salaires et des bonus des traders, et la promotion d’une nouvelle gouvernance qui intègre les pays émergents, reste à discuter la question du chômage de masse.
Puis l’été nous rattrape:
La grippe porcine se propage dans le monde. En un mois, l’OMS déclare la pandémie grippale du siècle.
Une pandémie qui n’a pas effacé le scandale de mœurs faisant la une des journaux italiens du mois de mai, voyant Silvio Berlusconi impliqué dans des relations extra conjugales entremêlés.
L’été, par un voyage de Rio à Paris, les 228 passagers du vol AF447 d’Air France ne regagneront jamais leurs pays d’origine. Une cinquantaine de corps ont été repêchés, mais les boîtes noires n’ont pas encore été retrouvées.
La colère persane:
C’est dans une atmosphère électrifiée entre l’ONU et Téhéran suite aux reproches d’activités nucléaires illégales à Mahmoud Ahmadinejad que ce dernier fût réélu par un suffrage “truqué” d’après son adversaire Mir Hussein Mussawi, ce qui a été l’étincelle d’une scission entre le clan réformateur et conservateur du conseil des Mollah. Des évènements qui refont face en ce moi-ci avec la succession de manifestations tournant souvent à l’émeute.
This Is It:
L’ensemble de l’actualité estivale a basculé pour laisser place à deux mois de deuil après la mort de Michael Jackson, dont les détails ont été scrupuleusement analysés à la loupe journalistique people. En revanche, le décès de la légende Pop demeure toujours aussi obscur que les détails sur son enterrement.
L’escroc du siècle séjourne 150ans à l’ombre:
Bernard Madoff est arrêté le 11septembre 2008 et condamné le 29juin à 150ans de prison ferme. L’accusé a avoué que ses placements ne rapportaient pas d’argent, et s’est vu saisi de ses bien qui serviront à dédommager ses victimes.
Bongo, bis:
Au Gabon, ce n’était une surprise pour personne, malgré une élection contesté par l’opposition et un pays enflammé, Ali Ben Bongo succède au doyen de la Françafrique, Omar Bongo, décédé le 7juin en Espagne.
De polémique en polémique:
Le buzz connaît son pic pour la vidéo où Brice Hortefeux plaisantait en commentant certains que « c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes» lors de l’université d’été de l’UMP. Des propos jugés incorrectes par certains, vus comme une occasion de squatter les écrans de télévision pour d’autres. Après quoi, de longues disputes sur la candidature de Jean Sarkozy en Hauts-de-Seine pour les prochaines communales ont vu le jour, s’éteignent très vite, et laissent place au grand débat sur l’identité nationale, tourné à l’acharnement politique.
Une autre controverse était l’attribution du prix Nobel de paix à Barack Obama pour ses efforts en faveur de la coopération internationale et sa volonté de faire régner la paix dans le monde. Or, cette attribution a été critiquée, suite à la stratégie militaire américaine et le déploiement davantage de forces armées US en Afghanistan.
Berlin, 20ans après:
La capitale allemande a célébré ses 20ans de réunification qui ont mis fin au monde bipolaire de la guerre froide. 100 000 personnes était au rendez-vous: des âmes nostalgiques, des corps diplomatiques, ainsi que plusieurs chefs d’états et organes de presse on fait le déplacement pour revivre un nouveau 9 novembre à Berlin.
Quand le passé refait surface:
Roman Polanski a été assigné à résidence dans son chalet en suisse après être pris dans les filets d’un mandat d’arrêt international. Le cinéaste est poursuivit pour avoir eu des relations sexuelles avec une mineure en 1977 et attend d’être extradé vers les Etats-Unis.
Entre le clan qui se mobilise au côté de Polanski et celui qui voit la nécessité d’appliquer sèchement la loi, d’autres avancent qu’il reste recherché… mais désiré.
Cop 15, le sommet de bonnes volontés:
15jours de débats à Copenhague, tantôt musclés, tantôt stagnants, mais ne sortant jamais avec des conclusions satisfaisantes pour les écolos. L’accord certain entre les 110 représentants diplomatiques reste à limiter le réchauffement mondial à 2°C, mais le sommet n’a apporté aucune mesure contraignant les états «pollueurs» à la diminution de gaz à effet de serre.
La presse en otage:
Encore fois, les journalistes ne sont pas épargnés dans les zones à risque. Ce qui a été le cas ce 31décembre pour deux journalistes de France3 et leurs accompagnateurs, après s’être faits kidnapper par des hommes armés. Les journalistes français préparaient un reportage pour l’émission “Pièce à Conviction” prévue en fin janvier.
Chaque année s’avère beaucoup plus riche en informations que la précédente, espérons tout de même que 2010 nous en réservera de moins pessimistes. Bonne année 2010, une année qui exhaussera vos meilleurs vœux, et qui verra les anti-dépresseurs bannis de vos boîtes à pharmacie!

